Tour du Monde en 300 jours

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45 - Trois jours sur les eaux

                   Nous voici -enfin - dans notre bateau-paquebot de la Pelni.
Pendant 3 jours, plus de décisions à prendre, plus de recherces administratives, d'aller-retours à droite et à gauche, à part la queue 3 fois par jour pour récupérer notre pitance à la cantine (du riz avec soit une mini part d'omelette, soit un indéfinissable petit morceau de poisson. pas de quoi nous mettre en appétit mais c'est compris dans le prix du billet qui est très modeste) Nous résidons au premier sous-sol, d'où la mer est visible en montant sur notre couchette...
Cette couchette consiste en un mince matelas mousse de 4-5 cm d'épaisseur disposé côte à cote  autres passagers, sur un immense plancher surélevé placé à 40 cm au-dessus du sol sous lequel nous pouvons ranger nos bagages. Il y a 6 couchettes par planchers séparés par une allée et se faisant face. C'est à dire 6+6 personnes allongées face à face. En tout : 60 personnes par salle.
Les Indonésiens étant majoritairement honnêtes nous n'avons pas à craindre de vols. 
C'est sûr qu'en Amérique Centrale du Sud (et du Centre !)il serait impensable de quitter des yeux nos effets personnels ! Je l'ai vécu dans plussieurs de ces pays et en particulier dans les lanchas brésiliennes.
D'ailleurs, Andric s'est rapidement fait quelques amis parmi nos sympathiques compagnons de galère, ce qui ajoute à notre sentiment de sécurité !
Les Indonésiens sont en général sociables, curieux de notre vie d'Occidentaux, simples, solidaires et très souriants. J'ai beaucoup d'empathie pour ce peuple.
Mon seul bémol : dans le bateau, ils sont plutôt bruyants la nuit et ils passent la journée suivante à faire la sièste ! Ils ne se baladent même pas sur le pont du navire.
J'ai eu beaucoup de chance avec ce trajet : je suis placée dans un angle et Adc, à mon côté gauche,sert de rampart, ce qui préserve un peu ma tranquillité. iI est jeune et bien plus sociable qu moi !
                      Côté santé, notre situation ne s'est pas améliorée. Chaque fin d'aprés-midi le "mal mystérieux" refait surface avec à chaque fois un peu plus de vigueur et d'effets indésirables, surtout pour moi : je suis avertie du début d'une crise  par quelques douleurs fulgurantes, semblables à des coups d'épées dans les reins. Ensuite viennent les décharges électriques dont chaque tremblement semblent me briser les os, les insupportables suées qui déposent de petites flaques d'eau sur le plastique noir et brillant de mon matelas, ça colle, ça glisse sous ma peau, c'est glacé, c'est chaud, ça sent mauvais...Je n'ai qu'une petite serviette de toilette pour diminuer la sensation d' extrême inconfort, l'unique mini-couverture  servant à nous réchauffer chacun notre tour lorsque  la sensation de froid devient trop pénible.
Quand ils nous voient recroquevillés, tremblants et muets sur nos couches, les Indonésiens sourient en murmurant : "malaria" !
Et moi, pauvre ignorante, je n'y crois toujours pas !