Tour du Monde en 300 jours

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               Quelle galère pour quitter Wewak ! Nous venons d'apprendre que le seul bateau sensé nous reconduire à Vanimo ne passerait que dans 15 jours ! Je me plais bien chez les Papous, mais...notre temps est limité. Voyant notre désarroi, les gens nous conseillent de prendre un transport routier jusqu'au fin fond de la piste : Aïtapé. De là, nous pourrions faire le reste du trajet dans un 4x4 se rendant au village souhaité.
Nous recherchons donc un PMV. Tout le monde se démène pour nous aider : quelle gentillesse, je ne suis pas prête de les oublier, ces Papous ! Pourvu que le tourisme de masse ne vienne pas les "pourrir" un jour !
Finalement, grâce au bouche à oreille, on nous ammène vers un véhicule déjà bien chargé.   . Nous nous sommes retrouvés à 9 dans un 7 places, bien serrés avec les bagages et les marchandises...
                La piste était plutôt délabrée mais je me suis régalée en traversant les magnifiques paysages tropicaux où la nature déborde de vie. En 6 heures, nous avons traversé 51 rivières dont 34 à gué. Mes petits-fils auraient été ravis de l'expérience ! Nos compagnons étaient bien sympathiques , plein d'humour et de gaîté comme la plupart des habitants de ce pays attachant.
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                Vers la moitié du trajet, notre vehicule s'est arrêté au beau milieu de la rivière que nous étions en train de traverser. j'ai cru qu'il s'agissait d'une panne : mais non ! c'était l'heure de la toilette ! celle du 4x4  et de ses occupants. On sort les savons et les serviettes de toilette et on y va ! Pendant ce temps, le chauffeur décrasse son engin.
                C'est vers le milieu de l'après-midi, qu'on nous a déposés devant l'unique Guest-House du village d'Aïtapé, Andric devenant moins courageux pour le dodo en forêt (et pour cause : il commençait une fièvre qui n'allait pas le quitter de si tôt !) nous nous sommes effondrés sur nos lits.
Nous ne savions pas qu'à cet instant, nos malheurs commençaient.

                 Andric n'étant pas en état de faire quoi que ce soit, je l'abandonne, étalé sur son lit, mou comme une carpette et rouge comme une écrevisse...Je pars me balader dans la petite ville qui ne manque pas de charme : ourlée d'une jolie plage et traversée par une sympathique petite rivière où voguent pêcheurs et enfants sur leurs pirogues.
Je me dirige vers l'unique petite banque pour tenter de retirer de l'argent car il n'y a, bien sûr, pas de distributeurs. Et voilà que j'aprends qu'il m'est impossible d'obtenir de l'argent liquide dans cette unique banque. Comment allons-nous faire pour quitter ce charmant trou perdu au bout du monde si nous ne pouvons pas payer notre moyen de transport qui risque bien d'être l'avion car nous sommes en saison des pluies où la mer est plutôt agitée. Et puis, je viens de voir les embarcations censées nous transporter jusqu'à Vanimo : elles ne m'inspirent pas du tout confiance !
                 Par chance, le jeune patron de notre hôtel est également employé dans cette banque. 
Il me propose une chose ahurissante : me prêter, sur ses propres deniers, l'équivalent de 300 €, sans aucune garantie pour lui : juste sa confiance en moi ! Il me demande seulement de reverser cet argent sur son compte à la banque homonyme de Vanimo. Je suis bouleversée par tant de grandeur d'âme et je n'ai qu'une crainte, c'est qu'un imprévu quelconque m'empêche d'être honnête ! Il n'aurait aucun recours !