Tour du Monde en 300 jours

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                                                  C'est aujourd'hui que nous arrivons à Pékin. Je remarque un phénomène amusant : le voyage a été tellement long que, cinq heures avant l'arrivée, tout le monde se prépare !  Les employés sont déjà passés pour récupérer nos draps, couvertures et oreillers.  Il y a de la fébrilité dans l'air.
Dans quelques heures, la Capitale Chinoise va m'ouvrir ses portes...
Nous sommes en début d'après midi, il fait beau et chaud, j'ai vécu 6 jours tranquilles et reposants : toutes les conditions sont réunies pour que mon moral soit au beau fixe. Alors, pourquoi n'ai-je aucune envie de quitter mon train ? Pourquoi cette espèce d'angoisse tapie au fond de mon estomac ? Il faudra bien que je m'y habitue : il en sera ainsi à chaque fois que je débarquerai seule dans une ville inconnue, seule face à ces chauffeurs de taxis prêts à vous faire payer la moindre course à un prix exorbitant et à tout faire pour vous conduire, contre votre volonté, vers l'hôtel où ils ont leurs interêts.
Nous contournons pendant plusieurs kilomètres, sur toutes ses faces, l'impressionnante Muraille de Chine. A cause d'un effet d'optique, je pense, elle semble être construite perpendiculairement au sol, même sur les pentes de la montagne. On dirait un dessin d'enfant un peu maladroit.
Les premiers quartiers de la périphérie de Pékin apparaissent : mon coeur bat de plus en plus fort, dommage qu'il y ait  l'inquiètude parce qu'en même temps, j'aime beaucoup ce moment unique du "premier regard" vers un lieu que mes rêves avaient souvent imaginé.
Notre train ralentit imperceptiblement, puis de plus en plus franchement. Soyons honnêtes : je n'ai pas du tout envie de quitter l'endroit qui fut mon "chez-moi" pendant 6 jours. J'y avais fait mes empruntes, je n'y étais plus une étrangère : je n'ai pas envie de m'expatrier de nouveau ! Ah ! ça serait tellement différent si je n'étais pas toute seule...Je ne suis qu'un petit bout de femme de rien du tout et là, je me sens encore plus vulnérable.
Les moteurs et les freins ont rugit une dernière fois,  notre fidèle locomotive vient d'exhaler son dernier grand souffle,  nous voici arrivés : allons-y !
Je sors de l'immense gare : premier "choc culturel" :  tous les Chinois sont assis par terre ! sur des journaux, des cartons, des nattes ou des draps, des centaines de personnes, regroupés en familles ou en groupes,  discuttent, boivent du thé (je suppose),  jouent aux cartes ou jacassent de leurs petites voix aigrelettes. C'est plutôt sympathique, cette simplicité.
Il me faut tout d'abord trouver un distributeur de devises chinoises. Je fais la queue derrière un petit groupe de jeunes filles dont l'une est complètement ivre : je suis surprise,  il n'est que 15 h et je ne pensais pas que l'alcool faisait déjà ses ravages en Chine même s'ils sont depuis peu les premiers acheteurs mondiaux de bons vins français.
Le moment crucial arrive : trouver un taxi PAS VOLEUR et me faire conduire, envers et contre tout, vers l'hôtel le moins cher repèré sur le Guide du Routard.
Premier taxi : ne comprend pas un mot d'Anglais et ne semble pas reconnaître le nom de mon hôtel qui est pourtant inscrit en caractères chinois sur mon guide...
Un second s'approche de moi, baragouine quelques mots d'Anglais : il a gagné ! et sur toute la ligne puisqu'il me fait payer plus que le double du tarif  : 100 yuans   au lieu de 40. Tant pis ! je suis trop pressée de savoir s'il y a  une place pour moi au  Far East Hostel.
Il est situé dans les pittoresques vieux quartiers de Pékin : les Hutongs pour la survie desquels des associations se sont battues. Les chinois ne sont  pas très sentimentaux avec leur patrimoine lorsqu'ils reconstruisent.
J'ai un lit dans un dortoir de 4 personnes qui me coûte 60 yuans la nuit (6 euros !) avec une jolie vue sur la ville. Et voilà ! mon moral est à son point culminant : ma Guesthouse est très grande et agréable : salle à manger et cuisine à disposition, douches, Internet gratuit. Que demander de mieux ? Ouais...je préfèrais une chambre particulière, mais ce petit prix vaut bien un sacrifice !
Et en plus, ce sont eux qui vont s'occuper des formalités concernant l'obtention de mon  "permis d'entrée" au  Tibet sans me faire payer un centime de plus.

     
                                                          A SUIVRE...