Tour du Monde en 300 jours

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15 - DE KATMANDOU A GORAKHPUR : VOYAGE EN POINTILLES...               


                                                                                    

C'est l'heure : nous grimpons dans notre bus "princier" et nous installons sur de vieux  sièges rongés qui ont dû abriter des générations de souris ! A mes côtés : un Indien, derrière : deux jeunes Israëliens. L'un des 2 refuse de mettre son énorme et encombrant sac à dos dans le coffre. (Il a dû faire quelques mauvaises expériences !) Je propose d'accrocher le sac contre mon siège dans l'allée. Tout le monde est content  et  j'ai ainsi un appui pour dormir qui me convient parfaitement.. Cette nuit brinquebalante n'aurait pas été désagréable si l'imbécile d'Indien assis à ma droite contre la fenêtre n'avait pas eu la main si baladeuse ( fidèle à leur réputation : on m'avait avertie )  Non : je n'ai pas rêvé !  J'étais tellement furieuse que sa propre nuit n'a pas été des plus calmes. Dés que sa main, son coude , son genou ou même sa tête s'égaraient il recevait un bon coup de coude dans les côtes. Dégage  !
Je ne lui ai rien pardonné.
Le jour se lève : cet hypocrite va se tenir à carreaux. J'ai un profond mépris pour ce genre de lâchetés et je m'apercevrai par la suite que les indiens mâles en sont bien pourvus. Ils vous harcèlent dans les parcs ou jardins publics quand ils sont en groupes et ils tremblent dans leurs pantalons s'ils sont seuls et que vous élevez la voix.
Vers 4 h du matin changement de bus. moins d'une heure plus tard nous voici à Saunoli, la ville frontière. 
A partir de là j'ignore la suite des évènements. J'ai payé jusqu'à Bénarès. Je n'ose pas déranger les 2 jeunes Israëliens.
Nous sommes dons un "no man's land" entre les 2 frontières. Ces frontières...c'est toujours un peu glauque, surtout quand on y arrive la nuit...Un conducteur de rickshaw m'aborde, je lui montre mon billet : il comprend tout de suite le topo, me conduit pour pas cher à la succursale de mon agence de Katmandou; gentil comme tout ! réveille le patron, surveille mes bagages pendant la remise du 2e billet (de train cette fois-ci), me procure des roupies indiennes (sans tricher)  et continue pour le même prix de me conduire vers les douanes indiennes. merci merci.
Celui-là a droit à un joli pourboire.
Je retrouve mes 2 Israëliens, tout contents de me proposer le partage de leur nouveau moyen de transport : un 4x4 Jeep. Nos bagages sont arrimés sur le toit : notre chauffeur a l'intention de bourrer son véhicule jusqu'à caser des gens dans le coffre ! Il tourne et retrourne à la recherche de clients supplémentaires malgré les protestations des 2 jeunes, tant et si bien que, perdant patience, ils réclament leurs bagages et  "au-revoir". Bien  sûr, je les suis.
Un autre vieux 4x4 s'arrête et nous embarque tous les trois pour 100 roupies népalaises chacun.
Au bout de 44 km, en rase campagne : "paf paf paf paf"...un pneu crevé.  les 2 jeunes pas très heureux. Moi si : j'ai enfin le temps de trouver un "petit coin toilettes", prendre des photos, observer...pendant que les 3 hommes s'acharnent sur leur roue.
Arrivée à la gare de Gorakhpur : belle à l'extérieur, infâme à l'intérieur ; ça  aussi c'est l'Inde : je verrai la même chose avec les hôtels. Je quitte mes 2 jeunes qui, après m'avoir demandé quelle était ma destination : "Bénarès ? Vous commencez avec la ville la plus folle de l'Inde !" Ah bon ? Moi qui avait évité New Dehli pour commencer en douceur..
Je laisse mes bagages à la consigne pour combler les 11 heures d'attente en me baladant aux alentours.
34 ° à l'ombre. Ma nuit agitée se fait ressentir; je tombe de sommeil. Je constate que la chaleur, autant que le froid, peut nous plonger dans le sommeil, et peut-être un sommeil éternel ! je n'en suis pas encore là mais il me faut absolument un bon café sinon je m'écroule. Mes paupîères veulent se baisser. J'ai l'impression de commencer à rêver debout. La boisson favorite des Indienss est plutôt le thé; le" tchaî" cet espèce de thé au lait que je trouve écoeurant. A défaur de café, je m'achète un chausson fourré à la viande qui aurait pu être délicieux s'il ne m'avait pas mis le feu à la bouche, me réveillant pour quelques minutes !
Finalement, j'entre dans un hôtel face à la gare où il n'y a pas de  bar mais où, devant ma "détresse" on m'offre très gentiment un café que j'ai pu boire dans le hall. On m'explique aussi qu'il y a , dans la gare, une salle d'attente réservée aux femmes. J'y vais tout droit. il y a même des douches. Quel bonheur ! je m'y engouffre. ça sent l'urine à plein nez. je ne quitte surtout pas mes tongues et dois faire un véritable exercice d'équilibriste pour ôter mon pantalon sans qu'il trempe dans cette eau pisseuse.
Après cette douche et le café je me sens ravigotée. J'observe les femmes dans la salle. Elles ont l'air d'être heureuses de ne pas avoir les maris sur le dos...elles papottent et s'exclament en riant. Qu'elles soient pauvres ou riches elles sont jolies dans leurs saris colorés, avec leur longs cheveux souples, toujours soyeux et brillants ornés de jasmins odorants.
22 h 30. Notre train nous attend sur le quai.
Les gares indiennes sont impressionnantes, immenses et grouillantes de monde. Pas d'escalatores : on rejoint notre quai en grimpant de longues et interminables passerelles à escaliers. Ma voiture  n° 6 semble être en queue de train et lorsque je suis dedans, en comparant mon n° de place, un contrôleur me précise que mon wagon est en tête !
Qu'est ce que c'est que ce bazard ?  je sais lire, tout de même. Ben non ! les numéros ont été changés ! Il ne fallait pas lire le numéro sur l'étiquette en métal agraffée au wagon. Non. il fallait VOIR le petit chiffre inscrit à côté à la craie !
Je ne me plaindrais plus JAMAIS de la France et des Français ! Même pas de la SNCF !