Tour du Monde en 300 jours

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                                     Je comprends que tant de personnes, même celles qui ne font pas de "recherche spirituelle", aiment Lhassa.
La ville s'étend largement dans la vallée d'un magnifique site montagneux. La capitale du Tibet est pleine de vie sans être bruyante : pas d'embouteillages, la circulation est fluide : les véhicules à moteurs et  les petites  voitures à cheval aux couleurs vives déambulent librement .Tout est dépaysement : les bâtiments rustiques "enguirlandés" de drapeaux de prières multiculores, les bonzes en robes rouges, les mamies en tenues traditionnelles  faisant machinalement tournoyer  leurs moulins à prières,
Autour des temples, les fidèles, avec un bruit sec, posent des planchettes accrochées à leurs mains sur le sol en les faisant glisser jusqu'à se retrouver complètement allongés sur le béton. Ils se relèvent et recommencent sous l'oeil indifférent ou narquois des policiers venus tout droit de Pékin : impossible de faire l'impasse là-dessus (même si je ne souhaite pas me méler de la politique Chinoise): il y a une forte présence policière qui ne doit pas être très appréciée des Tibétains.
J'ai fait mes adieux à Aï Lin, ses parents et les jeunes, après avoir visité le Potala avec eux. Ce fameux potala qui a été la cause de tous mes ennuis de ces 2 derniers jours : c'est pour effectuer cette visite que l'on avait pris mon passeport,  réclamé pour la réservation des billets d'entrée dont Aï Lin s'était occupée, pendant mon périple avec ses parents, en oubliant les risques qu'elle me faisait prendre.
J'ai trouvé une place au Yak Hôtel signalé par le Routard : je me retrouve dans un dortoir de 10 lits, non superposés, dans une immense pièce.
Seul petit inconvénient dans cette promiscuité : je n'ai pas les mêmes horaires que la plupart des jeunes qui dorment ici : je me lève et me couche de bonne heure ! les jeunes font le contraire ! C'est moi l'intruse, alors vivent les boules Quiès et le foulard sur les yeux ! Je m'y suis très bien habituée.
Je prends plaisir à me balader dans les vieux quartiers aux rues très étroites, à manger dans les mini resto des ruelles. J'ai la tête un peu lourde et la gorge irritée : l'altitude de Lhassa (3800 m) est un peu essouflante.
Il va me falloir déjà penser à me procurer un visa pour le Népal et chercher un moyen de quitter le Tibet par le moyen de transport le moins honéreux.
Les jeunes hôtesses de l'hotel sont très serviables mais ne maîtrisent pas beaucoup l'Anglais : difficile de me faire comprendre ! Mais je me sens bien au milieu de  ce peuple doux et souriant. Je n'ai jamais eu à discutter le prix d'un taxi : personne n'a tenter de tricher : ça change un peu !
Le Consulat du Népal est tellement excentré que je n'ai pas pu y aller à pieds. Les papiers sont remplis : rendez-vous le lendemain pour récupérer le passeport.
Vingt-quatre heures après, me revoilà au même endroit à faire la queue. Au bout d'environ 45 minutes, tout le monde repart avec son document...sauf moi !  On me dit de revenir le lendemain pour un rendez-vous avec le Consul ! Ce n'est pas vrai ! que se passe-t-il encore ? Pourquoi moi ? J'aime beaucoup le Tibet mais n'ai pas l'intention d'y finir mes jours ! Non ! j'ai trop besoin de la chaleur !
Pour la 3e fois, me revoici au Consulat. Après un moment d'attente inquiète, on me fait entrer dans le bureau d'un homme imposant coiffé d'un royal couvre-chef. Il me regarde avec un peu d'ironie et me demande, dans son Anglais parfait : "comprenez-vous bien l'Anglais ?' Devinant que -là- doit être la cause de ma convocation, je me ratatine un peu sur moi-même pour lui répondre très humblement :" little, little". Toujours un peu ironique, il me dit  lentement : "Etes-vous déjà allée au Tibet, oui, ou non ?" -" Non, c'est la première fois."  - "Alors pourquoi repondez-vous sur l'imprimé (qu'il me met sous les yeux) que vous êtes déjà venue 4 -5 jours ,?"
Là, je ne comprends plus très bien. Je me replonge dans la lecture de l'imprimé que j'avais rempli 2 jours plus tôt et finis par comprendre ma méprise : Il y a un traître mot Anglais qui est ce qu'on appelle un "faux ami", l"expression :
"prévious days" signifie : "jours précédents" et non pas "jours PREVUS" . J'avais cru répondre que je "prévoyais" passer 4 ou 5 jours à Katmandou et en fait, ma réponse signifiait que j'y avais "précedemment" passé 4 - 5 jours !
Je regarde mon imposant Consul d'un air confus : "sorry sorry" ! 'it's a mistake !" (une erreur !). Je suis un peu vexée : mon erreur n'est pas si idiote pour une Française, mais je préfère ne pas me lancer dans des explications impossibles, je le regarde comme un chien battu (il va me le donner ce papier oui ou non ?). Il finit par prendre tranquillement son stylo, corrige mes bêtises, dessine un imposant paraphe au bas de la feuille et me tend le document  toujours avec ce mélange d'expression royale et ironique. Thankyou so much !!!!
Je repars avec mon papier, toute guillerette.
Finalement, il est sympa ce consul ! Il s'est surtout fichu de ma figure !
Plus qu'un seul souci : trouver le moyen de me rendre à Katmandou sans trop débourser; On me dit qu'il n'est pas possible aux étrangers d'emprunter l'unique bus qui fait le trajet; pourquoi ?
On me suggère aussi de mettre une petite annonce sur le paneau d'affichage de l'hôtel; je le fais sans résultat.
Je finis même par poser la question sur le net : la réponse est la même : tenter de partager un 4x4...
Passons sur les détails : j'ai fini par le trouver ce "4x4-pas-trop-cher", Je vais voyager pendant 48 heures dans un véhicule conduit par un vrai Tibétain ( ce sont les plus pauvres , donc ceux que j'ai du plaisir à enrichir). Mes compagnons seront  un Bonze avec son vieux papa et un jeune touriste japonais. Très bien : je reste en Asie, pas de touristes européens.

                                                            A SUIVRE...

      Constructions traditionnelles                         Tibet : les joyeux drapeaux de prières