Tour du Monde en 300 jours

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44 - Désarroi

                    Après bien des recherches et des périgrinations, j'ai enfin trouvé -in extremis- un PMV , prêt à partir pour Jayapura où il restait juste 2 places ! Adc ayant tout de même accepté les 2 cachets de Panadol offerts par notre aimable logeuse, il a eu la force de monter dans le véhicule de l'hôtel qui nous a gentiment conduits jusqu'au PMV où mon fils s'est effondré et a dormi pendant les 2 bonnes heures de route vers la frontière.
Là, après les formalités de douane, nous avons eu la chance de partager le prix du taxi pour Jayapura avec un jeune Américain ! Très bien. 
Notre ancien hôtel étant plein, le réceptionniste nous en a trouvé un autre encore moins cher et proche du centre-ville : plus besoin de prendre de transport pour nous y rendre. Très bien. Le moral remonte pour moi mais mon fils n'en peut plus...Pour la énième fois il s'effondre sur son lit.
A mon tour, je me sens assez fatiguée, sans doute à cause de tous les aller-retour et différentes démarches de visas, transports etc...Du moins c'est ma supposition.
La nuit qui va succéder à ces émotions va être assez horrible. Je me sens de plus en plus mal. Au milieu de la nuit, ou à la fin du jour, je ne sais plus, ma tête me semble s'être transformée en un énorme charbon ardent : c'est la vision que j'ai et c'est mon ressenti : je brûle. Je vais mettre le feu à la chambre. Je ne suis plus qu'un tison incandescent. Je brûle. Un chant évangélique, joué par une trompête retentit dans la nuit : "Debout Sainte Cohorte" ! Où suis-je ?
Il faut préciser que nous sommes en période de fêtes de fin et début d'année : les 2 religions de la région (Islam et Christianisme évangélique) rivalisent de manifestations sonores...Pour l'Islam ce sont les prières du Muezzin, quant aux autres, ils emplissent l'espace de chants célestes...
Cette affreuse nuit laisse enfin place à la lumière.
Adc va mieux. Il se décide même à faire un tour en ville et voilà que c'est à mon tour de devoir fournir un gros effort pour le suivre. Nous allons en fin d'après-midi dans un cyber-café. La climatisation me fait grelotter de froid. Je ne peux même pas y rester et me rue dehors pour retrouver un  peu de chaleur.
Nous rentrons. Je m'effondre à mon tour sur mon lit que je trempe de sueur en peu de temps. Que m'arrive-t-il ? Ai-je attrapé la maladie de mon fils ? Je l'accuse car, n'oublions pas qu'avant tous ces problèmes, il était sortit avec une jeune fills qui s'était dite "malade". Je l'accuse de nous avoir transmis une mystérieuse maladie papoue que nous, Européens, serions peut-être incapables de supporter...!!!
Notre mystérieuse "maladie" devient très bizzarre à mesure que passent les jours : de plus en plus régulière, elle nous atteint tous les 2 presqu'à la même heure...Nous avons juste le temps de nous prêter simultanément l'unique mini couverture que j'ai eu la bonne idée d'emporter dans mes bagages.
Bien sûr, je pense à la malaria. Mais, d'après mes petites connaissances, le paludisme ne revient qu'une fois par semaine ou même moins...Et là, c'est un véritable chronomètre : chaque jour, vers 16-17 h, le "mal" nous ratrappe. Je pense même avec humour à l'histoire de "Tintin et les 7 Boule de Cristal" où des savants profaneurs d'un Temple Inca s'étaient retrouvés sous une malédiction : Chaque jour à la même heure, on les voyait se tordre sur leurs lits d'hôpital, en proie à toutes sortes d'hallucinations.
Pour nous ce n'était pas les hallucinations mais la fièvre, les frissons et des sortes de décharges électriques en continu, donnant l'impression de nous briser les os. 
Malgré notre état, il fallait penser à quitter Jayapura pour retourner vers l'Est. Je souhaitais vivement que nous consultions tous les deux un médecin mais mon fils refusait catégoriquement et mon chantage était que je ne consulterai pas pour moi tant qu'il ne se déciderai pas à le faire lui aussi. Le problème, c'est que, à 60 ans on est moins résistant qu'à 20 ans : je commencais à ressentir d'autres "effets indésirables"...
Nous avons réservé 2 places en "economy class" dans un bateau de la Pelni se rendant à Manado. J'espérais secrètement que, de là, nous pourrions nous rendre dans un hôpital de Singapour où les notions d'hygiène sont sans failles.
C'est dans cet état lamentable que nous nous apprêtions  à passer 3 journées dans  le plus bas niveau d'un bateau, sans oublier les horribles nuitées incluses dans le programme !